Santé mentale : et si prendre soin de son cerveau commençait aussi dans l'assiette ?
Santé mentale Prévention Alimentation Sommeil Bien-être

Santé mentale : et si prendre soin de son cerveau commençait aussi dans l'assiette ?

Rédigé par Lévana Tordjman, Responsable B2C — relu par Charlotte Flottes, Titulaire Pharmacie de la Galaure

Publié le 6 octobre 2026 · Mis à jour le 23 octobre 2026

Stress, fatigue, baisse de moral, difficultés de concentration… Notre santé mentale est influencée par de nombreux facteurs. Parmi eux, l'alimentation, le sommeil, l'activité physique et même notre microbiote intestinal jouent un rôle qui intéresse de plus en plus la recherche.

À l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, faisons le point sur les liens entre alimentation, hygiène de vie et santé mentale, sans chercher la recette miracle : car prendre soin de son cerveau, c'est avant tout prendre soin de soi dans sa globalité.

Notre cerveau a besoin d'être nourri

On pense souvent à notre cerveau comme le siège de nos pensées, de nos émotions et de notre mémoire. Mais c'est aussi un organe qui a besoin d'un apport régulier en énergie et en nutriments pour fonctionner correctement.

Acides gras, vitamines, minéraux, protéines, glucides… Une alimentation suffisamment diversifiée contribue à couvrir ces besoins. À l'inverse, une alimentation très déséquilibrée peut favoriser des apports insuffisants en certains nutriments essentiels.

Mais attention : bien nourrir son cerveau ne signifie pas rechercher une alimentation parfaite.

Le microbiote intestinal, un partenaire de notre cerveau

L'intestin et le cerveau communiquent en permanence par différentes voies, ce qu'on appelle l'axe intestin-cerveau. Notre intestin abrite des milliards de micro-organismes qui participent à la digestion, à l'immunité, mais aussi à des échanges complexes avec le cerveau.

Cela ne signifie pas que notre microbiote « explique » à lui seul notre humeur : la santé mentale est multifactorielle. Mais cela donne une raison de plus de prendre soin de son alimentation.

Au quotidien

Le meilleur réflexe reste le plus simple : miser sur la diversité. Fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, noix et graines apportent des fibres essentielles à notre microbiote. Plutôt que de chercher « l'aliment miracle », variez les végétaux de votre assiette au fil de la semaine.

Alimentation et dépression : que dit réellement la science ?

C'est sur la dépression que les liens entre alimentation et santé mentale ont été particulièrement étudiés.

Plusieurs études observationnelles retrouvent une association entre une alimentation de type méditerranéen et un risque plus faible de dépression.

Cette alimentation méditerranéenne repose sur une grande variété de légumes et de fruits, des légumineuses, des céréales complètes, des fruits à coque et des graines, des huiles végétales (notamment l'huile d'olive), du poisson, et une consommation limitée de produits ultra-transformés.

La nuance est essentielle : une alimentation équilibrée ne remplace pas un traitement de la dépression.

Elle peut en revanche constituer un élément parmi d'autres d'une démarche globale de santé.

Ultra-transformés : faut-il tout supprimer ?

Pas question de culpabiliser : un biscuit partagé avec les enfants ou un plat préparé de temps en temps n'a pas vocation à devenir un problème. La question est plutôt celle de la place occupée par les produits ultra-transformés dans l'alimentation globale.

Plusieurs études observationnelles ont par ailleurs retrouvé une association entre une consommation importante d'aliments ultra-transformés et un risque accru de symptômes dépressifs. Mais ces travaux ne permettent pas à eux seuls d'établir une relation de causalité.

Réduire leur place au profit d'aliments plus simples reste une recommandation cohérente avec les principes d'une alimentation saine.

Quand le stress modifie aussi notre rapport à l'alimentation

Le lien fonctionne aussi dans l'autre sens : stress, fatigue, anxiété ou ennui peuvent favoriser le grignotage ou l'envie d'aliments sucrés ou gras. On parle alors d'alimentation émotionnelle, lorsqu'on mange pour répondre à une émotion plutôt qu'à une faim physiologique.

Une autre question à se poser

Dans ces moments-là, se demander « Qu'est-ce que je devrais manger ? » n'est pas toujours suffisant. On peut aussi se demander : « De quoi ai-je réellement besoin maintenant ? »

D'une pause ? De repos ? De réconfort ? De bouger ? De parler à quelqu'un ?

Offrir aussi quelques minutes de calme à son cerveau

Notre cerveau est sollicité en permanence : réfléchir, décider, répondre, mémoriser. Lui accorder quelques minutes sans rien lui demander peut aussi contribuer à l'équilibre.

La respiration lente, parfois appelée cohérence cardiaque, en est un exemple : l'Inserm confirme un effet mesurable sur la réduction du stress et de l'anxiété à court terme, tout en soulignant que des recherches complémentaires restent nécessaires sur ses effets à plus long terme.

L'essentiel

Quelques minutes de respiration lente, un moment sans téléphone, une marche courte : l'objectif n'est pas la performance, mais de s'accorder une vraie pause.

Le sommeil et l'activité physique, deux piliers trop souvent oubliés

Le sommeil participe à la récupération physique et psychique. Les recommandations d'hygiène du sommeil invitent à conserver des horaires réguliers et à créer un environnement favorable au repos : chambre calme et sombre, écrans limités le soir, vigilance sur la caféine si elle perturbe l'endormissement.

La lumière du matin, un levier souvent oublié

On pense souvent aux écrans le soir, mais moins à la lumière du matin. Pourtant, c'est elle qui aide à synchroniser notre horloge interne : l'exposition à la lumière naturelle en début de journée stoppe la sécrétion de mélatonine et prépare le corps à l'éveil, tandis que son absence peut décaler ce rythme.

Côté activité physique, bonne nouvelle : cela ne signifie pas nécessairement sport intensif. Marcher, prendre les escaliers, danser ou jardiner comptent tout autant. L'OMS rappelle que l'activité physique régulière contribue à réduire les symptômes de dépression et d'anxiété.

Plutôt que de viser une heure de sport quotidienne : commencez par bouger un peu plus qu'hier.

Le lien social, lui aussi, fait partie de notre santé

Prendre soin de sa santé mentale, ce n'est pas seulement prendre soin de son corps. C'est aussi prendre soin de ses relations.

Échanger avec un proche, partager un repas, marcher avec un ami, participer à une activité collective ou simplement prendre le temps de parler peuvent contribuer à rompre l'isolement et à soutenir notre bien-être psychologique.

L'OMS identifie d'ailleurs les liens sociaux et le soutien parmi les facteurs qui peuvent contribuer à protéger la santé mentale.

Oméga-3, vitamine D, zinc et magnésium : faut-il prendre des compléments ?

Certains nutriments sont particulièrement étudiés dans le domaine de la santé mentale, notamment les oméga-3, la vitamine D, le zinc ou le magnésium.

Certaines recommandations internationales évaluent notamment l'intérêt de certains nutraceutiques en complément d'un traitement de la dépression, sans pour autant les considérer comme des traitements à part entière.

Mais cela ne signifie pas que tout le monde devrait prendre des compléments. Une alimentation variée reste la meilleure façon de couvrir ses besoins en nutriments, et une supplémentation peut être utile dans certaines situations particulières.

Les oméga-3

Les oméga-3, notamment l'EPA et le DHA, font l'objet de nombreuses recherches en santé mentale, en particulier dans la dépression. Le DHA est un acide gras oméga-3 particulièrement présent dans les membranes cellulaires, notamment au niveau du cerveau. On retrouve naturellement des oméga-3 dans les poissons gras ainsi que dans certaines huiles végétales (colza, noix, lin, cameline…).

La vitamine D

La vitamine D fait également l'objet de recherches en santé mentale, notamment dans le cadre de la dépression. On retrouve naturellement de la vitamine D dans les poissons gras, le jaune d'œuf et certains produits enrichis.

Le magnésium

Le magnésium fait lui aussi l'objet de recherches en santé mentale, notamment autour de la dépression. On retrouve naturellement du magnésium dans les oléagineux, le chocolat, les céréales complètes, les mollusques et crustacés ainsi que certaines eaux minérales.

Le zinc et les vitamines B

Le zinc et certaines vitamines du groupe B font eux aussi l'objet de recherches en santé mentale, notamment autour de la dépression, du stress et de l'humeur.

Là encore : une carence peut être problématique, mais une supplémentation systématique et à forte dose n'est pas nécessairement bénéfique.

Les compléments alimentaires complètent l'alimentation : ils ne la remplacent pas.

Parlez-en à votre pharmacien

Si vous vous interrogez sur vos besoins ou envisagez de prendre un complément, parlez-en à votre pharmacien. Il pourra vous conseiller en fonction de votre situation et, si nécessaire, vous orienter vers votre médecin ou un autre professionnel de santé.

Santé mentale : il n'existe pas de recette miracle

C'est peut-être la conclusion la plus importante.

Notre santé mentale ne dépend pas d'un seul aliment, d'une seule vitamine ou d'un seul complément : elle résulte de l'interaction de nombreux facteurs (alimentation, sommeil, activité physique, stress, relations sociales, environnement, histoire personnelle).

L'OMS rappelle que les facteurs qui influencent la santé mentale sont multiples. À l'inverse, une bonne santé physique, une nutrition adéquate ainsi que des relations et un soutien social de qualité font partie des facteurs protecteurs.

Prendre soin de son cerveau, c'est donc avant tout prendre soin de soi dans sa globalité.

L'essentiel

Il n'est pas nécessaire de tout changer pour prendre soin de son cerveau. Commencez par une seule chose, puis une autre (les petits gestes répétés comptent souvent plus que la recherche de la perfection).

5 réflexes pour prendre soin de sa santé mentale au quotidien

  • 1. Misez sur la diversité

    Fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, noix et graines : faites varier les plaisirs.

  • 2. Prenez soin de votre microbiote

    Les fibres et la diversité alimentaire contribuent à nourrir votre écosystème intestinal.

  • 3. Protégez votre sommeil

    Votre cerveau a besoin de récupérer pour fonctionner correctement.

  • 4. Bougez chaque jour

    Même une marche quotidienne compte. Toute activité physique vaut mieux que l'inactivité.

  • 5. N'attendez pas d'aller mal pour demander de l'aide

    Une alimentation équilibrée et une bonne hygiène de vie peuvent contribuer à votre bien-être, mais elles ne remplacent pas une prise en charge médicale ou psychologique lorsqu'elle est nécessaire.

    En cas de symptômes persistants — tristesse profonde, perte d'intérêt, anxiété importante, troubles du sommeil, fatigue inhabituelle, difficultés de concentration — parlez-en à un professionnel de santé : votre médecin, votre pharmacien ou un proche de confiance.

Illustration en cercle : un avocat et des tomates, un ventre entouré de deux mains, une bulle de dialogue, une paire de baskets vertes et deux coussins, reliés par un trait vert
Les 5 réflexes en images : des aliments variés, le ventre et son microbiote, des coussins pour le sommeil, des baskets pour bouger et une bulle pour en parler.

Prenez soin de vous, un pas après l'autre

Votre santé mentale fait partie de votre santé globale. Et vous n'avez pas à tout changer pour commencer à en prendre soin.

Alimentation, sommeil, activité physique, gestion du stress… Votre pharmacien peut vous aider à faire le point sur vos habitudes et vous accompagner dans vos premiers changements.

Bannière verte : une question sur ces cinq piliers de la santé mentale ? N'hésitez pas à en parler à votre pharmacien MEDIPRIX, avec le bouton Trouver ma pharmacie Médiprix
Trouvez votre pharmacie Mediprix et échangez avec votre pharmacien. Trouver ma pharmacie.

Pour aller plus loin

✦  Santé mentale : repères de l'OMS

Journée mondiale de la santé mentale, Organisation mondiale de la santé.

Santé mentale, Organisation mondiale de la santé. Aide-mémoire sur les déterminants de la santé mentale et les facteurs protecteurs.

Promotion & prevention, Organisation mondiale de la santé, département Mental Health, Brain Health and Substance Use. Promotion et prévention en santé mentale (page en anglais).

✦  Alimentation, ultra-transformés et dépression
✦  Stress, sommeil et activité physique

La cohérence cardiaque est-elle vraiment efficace contre le stress ?, Inserm, Canal Détox.

Les enjeux de santé, Santé publique France, dossier Sommeil.

Chronobiologie, Inserm. Dossier sur l'horloge interne et ses rythmes.

Activité physique, Organisation mondiale de la santé.

✦  Compléments alimentaires et nutraceutiques

Clinician guidelines for the treatment of psychiatric disorders with nutraceuticals and phytoceuticals (WFSBP/CANMAT), Sarris et al., World Journal of Biological Psychiatry (2022).

Efficacy and safety of n-3 fatty acids supplementation on depression: a systematic review and dose-response meta-analysis of randomised controlled trials, Norouziasl et al., British Journal of Nutrition (2024).

Efficacy of vitamin D supplementation in patients diagnosed with depression: a dose-response meta-analysis of randomized controlled trials, Liu et al., Frontiers in Nutrition (2026).

Magnesium supplementation beneficially affects depression in adults with depressive disorder: a systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials, Moabedi et al., Frontiers in Psychiatry (2023).

Zinc supplementation combined with antidepressant drugs for treatment of patients with depression: a systematic review and meta-analysis, da Silva et al., Nutrition Reviews (2021).

A Systematic Review and Meta-Analysis of B Vitamin Supplementation on Depressive Symptoms, Anxiety, and Stress: Effects on Healthy and 'At-Risk' Individuals, Young et al., Nutrients (2019).

✦  Prévention du suicide

3114 — Numéro national de prévention du suicide, plaquette officielle. Écoute confidentielle et gratuite, 24 h/24 et 7 j/7, en métropole et en outre-mer.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale.

Questions fréquentes

Notre cerveau a besoin d'un apport régulier en énergie et en nutriments pour fonctionner correctement, et une alimentation suffisamment diversifiée contribue à couvrir ces besoins. Mais la santé mentale est multifactorielle : elle résulte de l'interaction de nombreux facteurs, comme l'alimentation, le sommeil, l'activité physique, le stress, les relations sociales, l'environnement ou l'histoire personnelle.

L'intestin et le cerveau communiquent en permanence par différentes voies, ce qu'on appelle l'axe intestin-cerveau. Le microbiote n'explique pas à lui seul notre humeur, mais c'est une raison de plus de prendre soin de son alimentation : fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, noix et graines apportent des fibres essentielles au microbiote.

Plusieurs études observationnelles retrouvent une association entre une alimentation de type méditerranéen et un risque plus faible de dépression, et une méta-analyse récente d'essais contrôlés randomisés suggère une amélioration des symptômes dépressifs, avec un niveau de certitude qui reste faible. Une alimentation équilibrée ne remplace pas un traitement de la dépression : elle peut constituer un élément parmi d'autres d'une démarche globale de santé.

Pas systématiquement. Les oméga-3, la vitamine D, le zinc, le magnésium ou certaines vitamines du groupe B font l'objet de recherches, mais une alimentation variée reste la meilleure façon de couvrir ses besoins en nutriments, et une supplémentation peut être utile dans certaines situations particulières. Si vous envisagez de prendre un complément, parlez-en à votre pharmacien, qui pourra vous conseiller en fonction de votre situation.

L'Inserm confirme un effet mesurable de la respiration lente, parfois appelée cohérence cardiaque, sur la réduction du stress et de l'anxiété à court terme. Des recherches complémentaires restent nécessaires sur ses effets à plus long terme.

Sans attendre d'aller mal. En cas de symptômes persistants, comme une tristesse profonde, une perte d'intérêt, une anxiété importante, des troubles du sommeil, une fatigue inhabituelle ou des difficultés de concentration, parlez-en à un professionnel de santé : votre médecin, votre pharmacien ou un proche de confiance.

Partager :
Copié ✅

Vous avez une question sur le sujet ?